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Communication conforme et pratique légale : deux vigilances distinctes que beaucoup confondent

6 octobre 20265 min de lecturePar Anne-Sophie Assalit

Il y a les mots. Et il y a la pratique.

Les mots, c'est ce que l'on écrit, ce que l'on affirme, ce que l'on laisse entendre dans sa communication : sur son site, sur ses réseaux, sur ses flyers.

La pratique, c'est autre chose : ce que l'on est légalement autorisé à faire, avec quelle qualification, dans quel cadre, avec quelles obligations.

Ces deux dimensions sont réelles. Elles méritent chacune une attention sérieuse. Et elles peuvent coexister indépendamment l'une de l'autre.

En bref : une communication conforme ne rend pas légale une pratique qui ne l'est pas. Ce sont deux vigilances distinctes. La première porte sur les mots, la seconde sur les actes autorisés. Toutes deux sont nécessaires, mais dans cet ordre.

On peut bien communiquer et exercer illégalement

On peut avoir une communication parfaitement prudente, sans aucun terme médical, sans aucune allégation de résultat, et exercer malgré tout une activité que l'on n'a pas le droit d'exercer.

Le vocabulaire utilisé ne change pas la qualification juridique des actes pratiqués. Un geste technique ne devient pas légal parce qu'il est présenté avec des mots conformes. La jurisprudence s'attache à ce qui est fait, pas seulement à ce qui est écrit.

Fin juillet, une jeune femme de 25 ans est décédée à Nice dans un salon d'esthétique, après une injection pratiquée par une personne qui n'avait ni la formation médicale ni l'autorisation légale de réaliser ce type d'acte. La façon dont ce salon présentait ses prestations sur son site ou ses réseaux sociaux n'est pas en cause dans cette qualification. L'acte pratiqué, lui, l'est.

Ce cas est extrême. Mais il illustre un principe qui s'applique bien au-delà des injections, à toute activité qui touche au corps, à la santé, ou à des actes réglementés.

On peut mal formuler et exercer légalement

À l'inverse, on peut utiliser quelques termes maladroits, laisser une phrase ambiguë sur son site, et exercer une activité parfaitement légale.

Le risque n'est pas le même dans les deux cas, et les conséquences non plus. Mais les deux méritent d'être corrigés, chacun à sa mesure.

Ce qui doit être posé en premier

Dans certaines activités, notamment celles qui touchent à la santé, à des actes réglementés, ou à des effets sur le corps humain, une question précède toutes les autres :

Ai-je le droit de faire ce que je propose ?

Cette question passe avant le site internet. Avant les réseaux sociaux. Avant le choix des mots et la rédaction des textes.

Pour les praticiens du bien-être dont l'activité n'implique aucun acte réglementé, la réponse est généralement simple. Pour ceux dont la pratique touche à des actes qui nécessitent une qualification médicale ou paramédicale, massage thérapeutique, injections, acupuncture au sens médical, la réponse mérite d'être vérifiée, pas supposée.

Ce que cela change pour la conformité de la communication

La conformité de la communication est une vigilance réelle et nécessaire. Elle permet d'éviter les formulations trompeuses, d'aligner ses textes avec le cadre applicable à son activité, et de réduire le risque d'un signalement ou d'un contrôle.

Mais elle vient en second. Elle s'appuie sur une pratique déjà clarifiée dans ses contours légaux.

La communication doit être conforme. Elle ne peut jamais rendre légale une pratique qui ne l'est pas.

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Questions fréquentes

Une communication conforme protège-t-elle d'une poursuite pour exercice illégal ?

Non. L'exercice illégal de la médecine ou d'une autre profession réglementée se qualifie sur les actes pratiqués, pas sur les mots utilisés pour les décrire. Un praticien qui réalise des actes réservés à une profession réglementée, injections, diagnostics, prescriptions, engage sa responsabilité pénale indépendamment du vocabulaire de son site internet.

Quels actes sont réservés aux médecins et ne peuvent pas être exercés par un praticien bien-être ?

Les actes médicaux au sens de l'article L.4111-1 du Code de la santé publique sont réservés aux médecins diplômés et inscrits à l'Ordre. Ils comprennent le diagnostic, la prescription de traitements, et tous les actes qui impliquent une action sur une pathologie identifiée. Certains actes techniques comme les injections sont également réglementés et ne peuvent être pratiqués que par des professionnels de santé habilités.

Peut-on pratiquer des injections esthétiques sans être médecin ?

Non. Les injections à des fins esthétiques (acide hyaluronique, botox) sont des actes médicaux réservés aux médecins. Les pratiquer sans qualification médicale constitue un exercice illégal de la médecine, passible de 2 ans d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende. La gravité des conséquences possibles sur la santé des patients justifie cette réglementation stricte.

Comment vérifier si une activité bien-être est légalement autorisée ?

La vérification porte sur deux points : l'activité relève-t-elle d'un acte réservé par la loi à une profession réglementée ? Et si oui, le praticien a-t-il la qualification requise pour l'exercer ? En cas de doute, les textes de référence sont le Code de la santé publique et les décrets de compétences des professions paramédicales. Une consultation juridique reste la voie la plus sûre pour les situations complexes.

Ma communication peut-elle être conforme si ma pratique ne l'est pas ?

Techniquement, oui : on peut rédiger des textes irréprochables et exercer une activité illégale. Mais la conformité de la communication ne compense pas l'illégalité de la pratique. En cas de contrôle ou de plainte, les deux seront examinés séparément. Une communication conforme peut réduire certains risques liés à la communication, elle ne protège pas contre une poursuite portant sur les actes eux-mêmes.


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