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Publier des photos de clients sur Instagram : le droit à l'image pour les praticiens bien-être

21 septembre 20266 min de lecturePar Anne-Sophie Assalit

Publier la photo ou la vidéo d'un client identifiable sans son autorisation écrite préalable constitue une atteinte au droit à l'image, protégé par l'article 9 du Code civil. Une autorisation verbale ne suffit pas : elle doit être expresse, informée et idéalement écrite. Cette règle s'applique même si la photo a été prise dans un lieu public, même si la personne souriait, ou si elle vous a donné un accord oral sur le moment.

En bref : Le droit à l'image, protégé par l'article 9 du Code civil, interdit de publier la photo d'un client identifiable sans autorisation écrite préalable, quel que soit le contexte de la prise de vue.

Le droit à l'image : un droit fondamental

Chaque personne dispose d'un droit exclusif sur son image. Ce droit est protégé par l'article 9 du Code civil, qui garantit le respect de la vie privée, et par le droit à la protection des données personnelles au titre du RGPD.

Publier la photo ou la vidéo d'une personne identifiable sans son autorisation est une atteinte à son droit à l'image, même si la photo a été prise dans un lieu public, même si la personne souriait, même si elle vous avait dit "oui, tu peux prendre une photo".

Une autorisation verbale ne suffit pas. L'autorisation doit être expresse, informée, et idéalement écrite.

Ce que vous pouvez publier sans demander d'autorisation spécifique

Quelques situations ne nécessitent pas d'autorisation individuelle :

Les photos de foule où les personnes ne sont pas identifiables individuellement, par exemple, une vue d'ensemble d'un atelier de groupe avec plusieurs dizaines de personnes, où personne n'est reconnaissable.

Les contenus publiés par le client lui-même qui vous identifient et qui sont visiblement destinés à être partagés, un post public où votre client vous tague et témoigne de son expérience. Vous pouvez republier ce post dans son intégralité (en le citant comme tel) sans avoir besoin d'une autorisation supplémentaire. En revanche, extraire la photo seule et la republier hors contexte peut poser problème.

Ce qui nécessite une autorisation écrite

Les photos individuelles de clients ou participants à vos ateliers, même avec leur accord verbal.

Les témoignages accompagnés d'une photo, le témoignage seul peut être republié avec l'accord du client, mais associer une photo au témoignage nécessite une autorisation explicite pour les deux.

Les vidéos de séances ou d'ateliers dans lesquelles des clients sont identifiables.

Comment obtenir une autorisation en règle

Une cession de droit à l'image peut être simple. Elle doit préciser le nom de la personne concernée, la nature du support concerné (photo, vidéo, témoignage), les supports de diffusion visés (site internet, Instagram, newsletter), la durée de l'autorisation, et indiquer si la cession est à titre gratuit, ce qui est généralement le cas dans ce contexte.

Un formulaire court suffit. Vous pouvez l'envoyer par email et conserver la réponse écrite comme preuve.

Pour vos ateliers, une clause dans le formulaire d'inscription suffit, à condition qu'elle soit visible, lisible, et que les participants puissent refuser sans que cela affecte leur participation.

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Le cas particulier des témoignages écrits

Un témoignage écrit, qu'il soit publié sur Google, envoyé par email ou laissé sur votre site, peut en principe être republié si la personne l'a publié volontairement dans un espace public.

Mais deux précautions s'imposent :

Ne modifiez pas le témoignage. Même une correction orthographique non demandée peut être perçue comme une altération. Si vous souhaitez corriger, demandez l'accord de la personne.

N'associez pas un prénom à une photo sans autorisation. Republier le témoignage de "Marie, 42 ans, sophrologue" est différent de republier ce même témoignage accompagné d'une photo de Marie.

Les risques en cas de violation

Une publication sans autorisation peut entraîner une mise en demeure de retrait, des dommages et intérêts en cas de préjudice avéré, et une atteinte à votre réputation si l'affaire devient publique.

La personne dont l'image a été utilisée sans accord peut également saisir la CNIL si la publication implique des données personnelles.

Questions fréquentes

Un client qui m'a dit "oui" verbalement peut-il se retourner contre moi après publication ?

Oui. Une autorisation verbale ne suffit pas : le droit à l'image exige une autorisation expresse et idéalement écrite. Si votre client conteste avoir donné son accord, c'est à vous de prouver qu'il l'a fait. Sans trace écrite, vous êtes en position de faiblesse. Prenez l'habitude de confirmer les autorisations par email ou via un formulaire signé, même simple.

Puis-je republier un post Instagram dans lequel un client me cite ?

Si votre client a publié un post public en vous identifiant et en témoignant de son expérience, vous pouvez le republier dans son intégralité, en le citant comme tel. En revanche, extraire uniquement la photo de ce post pour la publier hors contexte pose problème, car vous perdez le cadre de l'autorisation implicite que représente le partage public original.

Comment intégrer une autorisation droit à l'image dans mes formulaires d'atelier ?

Ajoutez une clause visible dans votre formulaire d'inscription, rédigée simplement : précisez que des photos ou vidéos pourront être prises lors de l'atelier, les supports sur lesquels elles pourront être publiées (site internet, Instagram, newsletter), et que toute personne souhaitant ne pas être photographiée peut le signaler à l'organisateur. Cette clause doit être lisible et ne pas conditionner la participation au consentement photographique.

Un témoignage Google peut-il être republié sur mon site ?

Oui, en principe, si la personne l'a publié volontairement dans un espace public. Mais ne le modifiez pas, même pour corriger une faute, sans l'accord de la personne, et n'associez pas ce témoignage à une photo sans autorisation explicite. Si vous souhaitez mettre un prénom complet et une photo, demandez une confirmation écrite distincte.

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